Merci Pytha. Je ne sais pas s'il faut du cran pour exposer ces textes, à vrai dire, je les ai déjà publiés ailleurs. Ca n'est qu'une fois de plus.
Eté Cerise, plusieurs personnes m'ont dit qu'on avait l'impression de feuilleter un album photo, c'est sans doute vrai, même si je ne m'en rends pas compte. Je suis toujours étonnée quand on me dit des choses comme ça, puisque les ayant écris, je les connais, et je ne vois pas vraiment leur impact...
Pour
Lucas, j'ai plusieurs textes écrit sur cette "base", enfin plutôt de cette manière... Lucas est un de mes personnages favoris, ou plutot
ils sont mes personnages favoris. Lucas a pour moi une personnalité propre, souvent la même dans mes textes, mais pourtant, dans deux textes différents, il ne s'agira pas du
même Lucas. Sans doute est-ce un peu brouillé pour vous, comme explication. Je ne peux pas le définir mieux pourtant. Disons que dans mes textes, il y aura presque toujours un Lucas, qui aura toujours la même personnalité... Mais ce n'est pas le même personnage.
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Je vous propose aujourd'hui un autre texte, qui ne fait pas vraiment partie de Fragments, mais je préfère réunir l'ensemble de mes textes dans un même sujet. Ce texte a été écrit pour une de mes amies, parce qu'elle m'a dit quelque chose qui m'a inspirée, et qu'elle m'inspire, elle.
Il y a dans ce texte trop de romantisme mièvre et trop d'espoir, surtout à la fin. Mais c'est ainsi.
A l’envolée de nos vies
L’orage a éclaté au dehors comme il l’a fait dans mon cœur. Je suis assis au milieu de notre lit défait, qui a connu cette nuit encore l’étreinte de nos deux êtres et qui, ce soir, n’abritera plus qu’un seul corps.
La pluie tombe à l’extérieur comme les larmes le font de mes yeux. La fenêtre ouverte laisse entrer cette eau et celle-ci ruisselle sur les murs, diluant peu à peu les preuves de l’existence de notre amour.
Tu as un jour écris à mon intention un mot sur ces murs trop blancs. J’ai enchaîné puis ils se sont remplis de tendres mots que l’on s’adressait l’un à l’autre.
Des citations extraites de poèmes, de livres, de films sont venues compléter ces messages. Beaucoup de vers. Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et Apollinaire. Nos poètes préférés. Ils n’écrivaient pas dans la même langue que nous, mais leur poésie a su nous toucher malgré tout.
La langue de Shakespeare face à la langue de Molière. Notre chambre réunis les deux en son sein.
Mais la pluie efface tous ces mots, toute notre vie, comme les larmes qui brouillent mon regard font disparaître le décor de ce que nous avons construit ensemble.
Ensemble, ce terme qui n’existera jamais plus pour nous désigner, toi et moi. De nous, il ne reste plus rien, juste toi séparé de moi. Ca fait mal tu sais, de savoir que plus jamais je ne te prendrais dans mes bras, que plus jamais je ne serais heureux avec toi.
La pluie continue de tomber et continue d’envahir la chambre. Les murs sont striés de noir, les gouttes d’eau se teintant du marqueur qui s’efface.
« Il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville » a un jour écrit Verlaine. Cette phrase s’est retrouvée inscrite sur nos murs, et j’ai beau la chercher des yeux, elle a déjà disparu. Ce vers est l’illustration parfaite de mes sentiments actuels.
Verlaine… Ce poète était ton favori. J’avais une préférence pour Rimbaud, mais comme tu te plaisais à le dire « Sans Verlaine, Rimbaud n’était rien », de la même façon que moi, je ne suis rien sans toi.
Je ne sais ce que je vais faire maintenant que tu es parti.
Les larmes continuent de couler de mes yeux, et inondent mon visage. Mes lèvres ont le goût du sel. Celui que tu aimais tant. Tu t’amusais parfois à lécher mes larmes et ma bouche salée lorsque je pleurais, peu souvent pourtant. Tu disais qu’ainsi tu avalais ma tristesse et que je devais être ensuite joyeux. J’ai l’impression que je ne connaîtrais plus ce sentiment.
Je me sens vide à l’intérieur, et j’ai mal, si mal. C’est comme si on m’arrachait le cœur petit à petit, que celui-ci devenait une masse ensanglantée et mourante.
J’ai cette impression d’être mort, mais pourtant vivant. Je respire, je peux bouger, mais je reste prostré sur notre lit, les yeux fixés sur les ruines de notre amour. Je n’entends et n’ai conscience de rien, sinon de mon sang qui martèle mes tempes et des larmes de notre chambre.
Je n’ai envie de rien, sinon me réfugier entre tes bras, mais cela m’est désormais impossible. Ta chaleur m’est refusée à jamais, nos corps ne se fonderont jamais plus l’un dans l’autre.
Je ne peux me résoudre à imaginer ma vie sans toi. Je ne peux faire autrement pourtant. Tu es parti. Je n’ai aucune influence sur ceci. Je ne peux que prendre conscience de ce fait. Tu es parti. Parti. Parti. Pour
toujours. Ces mots tournent sans cesse dans mon esprit. Je n’ai pas d’autre choix que de l’accepter.
C’est si difficile.
Comment admettre que la personne que l’on aime de tout son cœur, plus que soi-même, puisse s’en aller comme cela, sans aucune trace ni souvenirs, si ce n’est ceux gravés dans sa mémoire ? On ne peut vivre qu’avec, sans jamais le vouloir ni l’autoriser.
Alors il faut reprendre le dessus, parce que, malgré tout, la vie continue. Sans attendre que l’on aille mieux, mais c’est ainsi.
Je prends sur moi et je quitte le lit.
La pluie a enfin cessé, et les murs sont à nouveau blancs.
Je m’approche et cueille du bout des doigts une goutte d’eau sale avant qu’elle n’atteigne le sol.
C’est là que je le vois, seul survivant de cette noyade involontaire.Ton premier message, écrit sur le bas du mur.
Un rayon de soleil frappe ce « Je t’aime » qui m’était destiné et que tu avais eu le courage d’écrire, puisque tu ne savais me le dire, et l’espoir revient.
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C'est une histoire de beauté dispersée en grains sur les épaulesUn instant d'abandon - Philippe Bessongang anti brushes gnangnan
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